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Estimer l’impact carbone de la rénovation énergétique des bâtiments de votre territoire

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La rénovation énergétique des bâtiments est unanimement reconnue comme l’un des leviers les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en France. Le secteur du bâtiment représente environ 40 % de la consommation d’énergie finale nationale et contribue à hauteur de 23 % des émissions de CO₂. C’est à la fois l’un des secteurs les plus émetteurs et celui où des réductions significatives sont techniquement accessibles à court terme.

Pourtant, entre le potentiel théorique et les actions concrètes engagées, un écart considérable subsiste. En 2023, seulement 71 600 logements ont engagé des rénovations d’ampleur via les dispositifs dédiés de l’Anah, loin des objectifs affichés. Ce décalage ne tient pas qu’à un manque de ressources financières. Il tient aussi à un déficit de connaissance. Avant d’engager des budgets de rénovation, les acteurs publics et privés ont besoin de répondre à des questions précises. Quels bâtiments rénover en priorité ? Quels travaux réaliser pour quel gain carbone ? Comment arbitrer entre différents scénarios de rénovation sur un parc de plusieurs milliers de logements ? Quel impact total attendre d’un programme de rénovation à l’échelle d’un quartier, d’une ville ou d’un territoire ?

Répondre à ces questions nécessite de mesurer l’impact carbone de la rénovation énergétique, bâtiment par bâtiment et à l’échelle des territoires. C’est l’objet de cet article.

À retenir

Le secteur résidentiel représente 35 % de la consommation de gaz en France. Les bâtiments construits avant 1975, qui représentent la grande majorité des passoires thermiques, ont des déperditions thermiques souvent deux à quatre fois supérieures aux bâtiments construits après 2000. Mesurer ces déperditions à l'échelle du bâtiment est le point de départ de toute stratégie de rénovation efficace.

Empreinte carbone et bâtiment : les concepts fondamentaux

Ce qu’on mesure quand on parle d’impact carbone

L’empreinte carbone d’un bâtiment recouvre l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui lui sont associées sur son cycle de vie. Ces émissions sont exprimées en kilogrammes ou en tonnes d’équivalent CO₂ (kg CO₂eq ou t CO₂eq), une unité qui permet de comparer et d’agréger des gaz aux propriétés physiques différentes.

Le dioxyde de carbone (CO₂) est le gaz de référence. Mais les calculs complets intègrent également le méthane (CH₄), dont le pouvoir de réchauffement global est environ 28 fois supérieur au CO₂ sur cent ans, le protoxyde d’azote (N₂O), les hydrofluorocarbures (HFC) utilisés dans les systèmes de climatisation, les perfluorocarbures (PFC) et l’hexafluorure de soufre (SF₆). L’intégration de ces gaz dans les bilans carbone peut modifier les résultats de façon significative par rapport aux seules émissions de CO₂ fossile.

Les deux dimensions de l’empreinte carbone des bâtiments

La comptabilisation des émissions liées aux bâtiments distingue traditionnellement deux catégories qui répondent à des temporalités et à des leviers d’action différents.

Les émissions opérationnelles correspondent aux émissions générées pendant la vie du bâtiment, principalement pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, la ventilation, la climatisation et l’éclairage. Ce sont ces émissions que la rénovation énergétique permet de réduire directement et rapidement. Elles constituent le principal objectif des réglementations actuelles comme les obligations de rénovation des passoires thermiques et le Décret Tertiaire.

Les émissions embodied (ou émissions grises) correspondent aux émissions générées pour produire les matériaux de construction, les transporter, les assembler, les entretenir et les démolir en fin de vie. La réglementation RE2020, en vigueur depuis 2022 pour les constructions neuves, a introduit pour la première fois en France une exigence sur ces émissions grises, via un indicateur d’impact carbone sur le cycle de vie appelé Ic construction. Pour la rénovation du parc existant, les émissions grises des matériaux utilisés pour les travaux commencent également à être prises en compte dans les bilans carbone les plus complets.

Le bilan carbone d’une opération de rénovation

L’impact carbone d’une opération de rénovation se calcule de manière dynamique. Il faut mettre en regard deux flux. D’un côté, les émissions grises générées par les travaux de rénovation eux-mêmes (production des matériaux isolants, des nouvelles menuiseries, de la pompe à chaleur, transport et pose). De l’autre, les économies d’émissions opérationnelles réalisées chaque année grâce à la réduction des consommations d’énergie du bâtiment rénové.

Le bilan global d’une opération de rénovation est positif lorsque les économies cumulées sur la durée de vie des travaux dépassent les émissions initiales liées aux matériaux et à la mise en œuvre. Pour la grande majorité des gestes de rénovation thermique (isolation, remplacement de chaudière fioul par une pompe à chaleur), ce bilan est largement positif sur des horizons de cinq à dix ans. La rénovation énergétique des bâtiments est donc bien un levier d’atténuation du changement climatique, et pas seulement un outil de maîtrise des factures d’énergie.

Les facteurs qui déterminent l'impact carbone d'un bâtiment

Le mode de chauffage, déterminant principal

Le mode de chauffage est le facteur qui influence le plus fortement les émissions opérationnelles d’un logement. Cette influence tient à deux dimensions simultanées.

La première est la consommation d’énergie pour assurer le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Un bâtiment mal isolé consomme davantage d’énergie qu’un bâtiment bien isolé pour maintenir la même température intérieure. C’est sur ce levier qu’agit principalement l’isolation thermique de l’enveloppe.

La seconde est le contenu carbone de l’énergie utilisée. Toutes les énergies ne génèrent pas les mêmes émissions par kilowattheure consommé. Le fioul domestique émet environ 324 grammes de CO₂ par kWh d’énergie finale. Le gaz naturel émet environ 227 grammes par kWh. L’électricité française, dont le mix est très décarboné grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, émet en moyenne environ 52 grammes par kWh en 2024 (valeur de l’ADEME), mais cette valeur peut être nulle ou quasi nulle aux heures de forte production renouvelable.

Un logement chauffé au fioul avec une isolation insuffisante cumule donc deux facteurs aggravants. Il consomme beaucoup d’énergie par mètre carré, et cette énergie est fortement carbonée. La rénovation de ce type de logement, combinant isolation de l’enveloppe et remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur, génère des réductions d’émissions considérables, parfois supérieures à 80 % des émissions initiales.

La période de construction et ses implications

La période de construction d’un bâtiment est le premier indicateur de sa performance énergétique probable et donc de son empreinte carbone opérationnelle. Les réglementations thermiques successives ont progressivement relevé le niveau minimal de performance des nouvelles constructions.

Les bâtiments construits avant 1948 n’ont bénéficié d’aucune réglementation thermique. Leurs murs sont souvent en pierre ou en brique pleins, sans isolation. Les menuiseries sont généralement en bois à simple vitrage. Les déperditions thermiques par les parois peuvent dépasser 200 kWh/m²/an.

Les bâtiments construits entre 1948 et 1974 ont bénéficié de quelques améliorations constructives mais restent très énergivores. La première réglementation thermique française date de 1974 (RT 1974), adoptée en réponse au premier choc pétrolier.

Les bâtiments construits entre 1975 et 2000 ont bénéficié des premières réglementations thermiques (RT 1974, RT 1982, RT 1988, RT 2000) qui ont progressivement introduit des exigences d’isolation, mais restent souvent en deçà des standards actuels.

Les bâtiments construits après 2000 satisfont aux exigences de la RT 2000 et de ses successeurs (RT 2005, RT 2012), qui ont fortement relevé le niveau de performance requis. Leurs émissions opérationnelles sont généralement beaucoup plus faibles que celles du parc ancien.

Les déperditions thermiques et leur mesure

Les déperditions thermiques d’un bâtiment représentent les pertes de chaleur par les parois, les ponts thermiques, les ouvertures et les renouvellements d’air. Elles conditionnent directement les besoins en chauffage et donc les émissions associées.

Les principaux chemins de déperdition sont les parois opaques (murs, toiture, plancher bas), qui représentent typiquement 25 à 35 % des déperditions d’un logement non isolé. Les menuiseries (fenêtres et portes-fenêtres) contribuent pour 10 à 15 %. Les ponts thermiques, zones de discontinuité de l’isolation (liaisons mur/plancher, encadrements de fenêtres, acrotères), représentent 5 à 10 % des déperditions. Les renouvellements d’air nécessaires à la qualité de l’air intérieur constituent enfin 20 à 30 % des déperditions selon l’étanchéité à l’air du bâtiment.

La somme de ces déperditions, rapportée à la surface et aux degrés-jours de la zone climatique, permet de calculer le besoin en énergie utile pour le chauffage. En divisant par le rendement du système de chauffage et en multipliant par le contenu carbone de l’énergie utilisée, on obtient les émissions de CO₂ liées au chauffage du bâtiment.

La mesure de l'impact carbone à l'échelle du territoire

Pourquoi l’échelle territoriale est décisive ?

Pour un propriétaire individuel, l’impact carbone de la rénovation de son logement est une information utile mais limitée. Pour une collectivité territoriale qui élabore son PCAET, pour un bailleur social qui gère 5 000 logements ou pour une direction immobilière qui pilote un parc de bâtiments tertiaires, c’est la vision agrégée à l’échelle du portefeuille qui permet de prendre les meilleures décisions.

Cette vision agrégée répond à des questions de planification stratégique. Sur quel segment du parc les travaux de rénovation auront-ils le plus grand impact en termes de réduction des émissions par euro investi ? Quels quartiers ou communes présentent la plus forte concentration de passoires thermiques, et donc le plus fort potentiel de réduction des émissions ? Comment comparer l’impact carbone d’un programme massif de rénovation énergétique avec celui d’un développement de l’énergie solaire sur les mêmes bâtiments ? À quel horizon temporel les objectifs de neutralité carbone du territoire seront-ils atteignables selon différents scénarios d’investissement ?

Aucune de ces questions ne peut être répondue à partir de données agrégées régionales ou nationales. Elles nécessitent une connaissance précise à l’échelle du bâtiment, couvrant l’intégralité du parc du territoire concerné.

Les données nécessaires pour mesurer l’impact carbone à l’échelle du bâtiment

Pour estimer l’impact carbone de la rénovation d’un bâtiment donné, il faut connaître plusieurs paramètres de manière précise.

La consommation d’énergie actuelle du bâtiment, exprimée en kWh/m²/an, constitue la base du calcul. Elle peut être connue directement (via le DPE, les relevés de consommation ou les données de réseaux) ou estimée à partir des caractéristiques techniques du bâtiment (période de construction, surface, isolation, mode de chauffage).

Le mode de chauffage et son rendement détermine le contenu carbone de l’énergie consommée. Un kWh d’énergie utile produit par une chaudière fioul génère environ 0,5 kg de CO₂, alors que le même kWh produit par une pompe à chaleur électrique en génère environ 0,04 kg en France.

Les caractéristiques de l’enveloppe (isolation des murs, de la toiture, des planchers, qualité des menuiseries) permettent d’estimer les déperditions thermiques et donc le potentiel de réduction des consommations par des travaux d’isolation.

Les données climatiques locales (degrés-jours de chauffage) permettent de contextualiser les calculs en fonction de la rigueur hivernale de la zone géographique du bâtiment.

Le potentiel de production solaire permet d’intégrer dans le bilan la possibilité de remplacer une partie de la consommation d’énergie achetée par une production locale décarbonée.

Comment construire une estimation à grande échelle ? 

Pour couvrir l’intégralité d’un parc de plusieurs milliers ou millions de bâtiments, les données terrain sont insuffisantes. On ne peut pas réaliser un audit énergétique complet de chaque bâtiment. La solution est de combiner plusieurs niveaux de données.

Le premier niveau mobilise les données publiques disponibles. Les DPE publiés par l’ADEME couvrent une fraction croissante du parc. Les données cadastrales fournissent des informations sur la surface, la date de construction et l’usage des bâtiments. Les données de consommation d’énergie des réseaux (ENEDIS, GRDF) permettent de valider les estimations sur des segments du parc pour lesquels elles sont disponibles.

Le deuxième niveau s’appuie sur des modèles d’estimation qui, à partir des caractéristiques connues d’un bâtiment, prédisent ses paramètres énergétiques inconnus. Ces modèles sont construits en entraînant des algorithmes de machine learning sur des bases de données de bâtiments pour lesquels toutes les caractéristiques sont connues, puis en les appliquant aux bâtiments pour lesquels seule une partie des informations est disponible.

Le troisième niveau intègre les données issues de l’analyse d’images aériennes. La computer vision permet de détecter l’état de la toiture, la présence de matériaux de façade indicateurs d’une isolation existante, les menuiseries visibles sur les façades et les équipements techniques en toiture. Ces informations, non disponibles dans les bases de données textuelles, affinent considérablement les estimations de performance énergétique.

Les scénarios de rénovation et leur impact carbone

Comment comparer les gestes de rénovation ?

Tous les gestes de rénovation ne génèrent pas les mêmes réductions d’émissions pour le même coût. Pour prioriser les investissements, il est utile de calculer pour chaque geste son coût par tonne de CO₂ évitée, indicateur qui permet de comparer l’efficacité carbone de différentes interventions.

L’isolation des combles perdus est généralement le geste avec le meilleur ratio coût/impact carbone. Pour une maison individuelle chauffée au gaz, l’isolation des combles peut réduire les consommations de chauffage de 25 à 30 %. Le coût de la mesure est souvent inférieur à 5 000 euros, dont une grande partie est prise en charge par les CEE. Le coût par tonne de CO₂ évitée peut être inférieur à 50 euros, ce qui est très compétitif par rapport à d’autres mesures de réduction des émissions.

Le remplacement d’une chaudière fioul par une pompe à chaleur est le geste qui génère les plus fortes réductions d’émissions absolues pour les bâtiments chauffés aux énergies fossiles carbonées. En remplaçant un litre de fioul par de l’électricité française, l’émission passe d’environ 0,324 kg CO₂/kWh à moins de 0,020 kg CO₂/kWh d’énergie utile produite (en tenant compte du coefficient de performance de la PAC). La réduction peut dépasser 90 % des émissions liées au chauffage.

L’isolation des murs est un geste plus coûteux (isolation par l’extérieur pour une maison individuelle peut représenter 15 000 à 25 000 euros), mais son impact sur les déperditions et donc sur les consommations est significatif, notamment dans les bâtiments les plus anciens à murs épais non isolés.

Le remplacement des menuiseries a un impact carbone plus modeste sur la consommation globale (les fenêtres représentent 10 à 15 % des déperditions d’un logement non isolé), mais améliore significativement le confort thermique et l’étanchéité à l’air. Son impact est plus fort dans les logements qui disposent déjà d’une isolation des parois opaques.

Les scénarios de rénovation globale

Pour les logements classés F ou G, l’objectif est d’atteindre au minimum la classe E (condition de remise sur le marché locatif) et idéalement la classe D ou C pour sécuriser l’actif face aux prochaines échéances réglementaires. Cette progression nécessite généralement une approche combinée plutôt qu’un seul geste isolé.

Un scénario type pour une maison individuelle chauffée au fioul, construite dans les années 1960, classée G (consommation supérieure à 420 kWh/m²/an) pourrait combiner trois gestes. L’isolation des combles perdus réduit les déperditions par la toiture de 30 %. L’isolation des murs par l’extérieur réduit les déperditions par les parois de 60 %. Le remplacement de la chaudière fioul par une pompe à chaleur air-eau réduit le contenu carbone de l’énergie consommée de 90 %. Combinés, ces trois gestes peuvent permettre de passer d’une consommation de 450 kWh/m²/an à moins de 100 kWh/m²/an, et de réduire les émissions de plus de 85 %.

Pour chiffrer l’impact de ce scénario en termes d’émissions évitées, il faut multiplier la réduction de consommation (en kWh) par le contenu carbone de l’énergie initiale (le fioul), et soustraire les émissions de la nouvelle consommation d’électricité. On obtient ainsi une estimation du gain annuel en tonnes de CO₂, que l’on peut rapporter au coût des travaux pour calculer le coût par tonne évitée.

L'agrégation à l'échelle du territoire

De l’impact bâtiment à l’impact territorial

Une fois l’impact carbone de la rénovation calculé pour chaque bâtiment d’un parc, l’agrégation à l’échelle du territoire permet de répondre aux questions de planification stratégique.

La cartographie des émissions actuelles du parc bâti permet d’identifier les secteurs géographiques et les segments de parc qui contribuent le plus aux émissions territoriales. Cette cartographie est le point de départ du diagnostic PCAET et du plan d’action rénovation d’une collectivité.

La simulation de scénarios de rénovation permet de calculer l’impact carbone d’un programme de rénovation sur plusieurs années. Selon le rythme de rénovation, les types de travaux réalisés et les segments de parc ciblés, les trajectoires d’émissions du territoire seront différentes. Ces simulations permettent de vérifier la compatibilité des objectifs de rénovation avec les engagements climatiques de la collectivité.

La priorisation des investissements devient possible lorsque l’on dispose d’une vision précise de l’impact carbone et du coût par bâtiment. Les programmes de rénovation peuvent ainsi être construits pour maximiser les réductions d’émissions par euro dépensé, plutôt que de traiter tous les bâtiments de manière indifférenciée.

Les indicateurs à suivre dans le temps

Pour piloter un programme de rénovation énergétique et mesurer sa contribution à la trajectoire bas carbone d’un territoire, plusieurs indicateurs doivent être suivis régulièrement.

Les tonnes de CO₂ évitées par an constituent l’indicateur d’impact carbone central. Cet indicateur mesure la différence entre les émissions du parc avant rénovation et les émissions après réalisation des travaux, exprimée en stock annuel.

La consommation d’énergie finale par mètre carré (kWh/m²/an) est l’indicateur de performance énergétique qui permet de suivre la progression du parc vers les objectifs réglementaires (Décret Tertiaire pour les bâtiments non résidentiels, DPE moyen du parc résidentiel).

La répartition du parc par classe DPE permet de suivre la sortie des passoires thermiques du parc et la progression vers les classes de performance supérieures. Cet indicateur est directement lié aux obligations réglementaires d’interdiction de location.

Le potentiel de réduction restant estime le volume d’émissions qui pourrait encore être réduit si l’ensemble du parc était rénové au niveau optimal. Cet indicateur donne une vision du « chemin restant à parcourir » vers la neutralité carbone du secteur bâtiment sur le territoire.

Ce que la donnée permet de calculer que les méthodes manuelles ne permettent pas

La simulation à grande échelle

Les méthodes d’audit terrain permettent d’obtenir des informations précises sur des bâtiments individuels, mais elles ne sont pas scalables. Auditer 10 000 bâtiments prend des années et coûte des millions d’euros. Les modèles d’estimation basés sur des données géolocalisées et l’intelligence artificielle permettent de produire des estimations cohérentes sur des millions de bâtiments en quelques jours.

Cette capacité à opérer à grande échelle change fondamentalement les possibilités de planification. Une collectivité peut simuler l’impact carbone de différents scénarios de programme de rénovation sur l’ensemble de son parc en quelques heures, et ajuster ses priorités en conséquence. Une banque peut calculer l’empreinte carbone de ses expositions immobilières et simuler l’impact de différentes politiques d’accompagnement à la rénovation sur son bilan carbone finançant.

La granularité géographique

Les données à l’échelle du bâtiment permettent de produire des cartographies d’impact carbone à une granularité que les statistiques agrégées ne peuvent pas offrir. La visualisation des émissions par adresse, par rue, par quartier ou par commune permet d’identifier des concentrations locales qui ne seraient pas visibles à une échelle plus agrégée.

Cette granularité est précieuse pour les décisions d’aménagement urbain. Identifier un quartier dense où la quasi-totalité des bâtiments sont des passoires thermiques construites avant 1950 avec des systèmes de chauffage au fioul permet de concevoir une opération de rénovation de quartier cohérente, articulant travaux sur les logements, remplacement des systèmes de chauffage et raccordement à un réseau de chaleur.

La mise à jour en temps réel

Le parc immobilier évolue constamment. Des travaux de rénovation sont réalisés chaque année, des bâtiments sont construits ou démolis, les systèmes de chauffage sont remplacés. Les données géolocalisées peuvent être mises à jour régulièrement à partir de nouvelles images aériennes, de nouveaux DPE publiés et des données de consommation d’énergie des réseaux. Cette capacité de mise à jour permet de maintenir une vision dynamique de l’état du parc et de mesurer les progrès réalisés dans le temps.

Les usages concrets selon les profils d'acteurs

Pour les collectivités territoriales

Les collectivités qui élaborent ou révisent leur PCAET ont besoin de deux types d’informations pour construire leur volet bâtiment. D’abord, un diagnostic précis des émissions actuelles du parc bâti de leur territoire, ventilé par secteur (résidentiel, tertiaire, public), par type de bâtiment et par zone géographique. Ensuite, une simulation de l’impact carbone d’un programme de rénovation sur plusieurs années, permettant de vérifier la compatibilité de leurs objectifs avec leurs trajectoires d’émissions.

Ces informations alimentent également les dossiers de demande de financement (Fonds Vert, FEDER, DETR) qui demandent de plus en plus souvent une quantification des impacts environnementaux des projets soutenus.

Pour les gestionnaires de patrimoine

Un gestionnaire de patrimoine qui supervise un parc de logements sociaux, de bureaux ou de bâtiments publics a besoin de prioriser ses investissements de rénovation. La connaissance de l’impact carbone par bâtiment, combinée au coût estimé des travaux, lui permet de construire un plan pluriannuel d’investissement qui maximise les réductions d’émissions par euro dépensé.

Cette priorisation est d’autant plus précieuse que les obligations du Décret Tertiaire (réduction de 40 % des consommations d’ici 2030 pour les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m²) imposent des résultats mesurables sur des délais précis.

Pour les établissements bancaires

Pour les banques, la capacité à estimer l’impact carbone des bâtiments financés est une condition du calcul des émissions financées de Scope 3 et du Green Asset Ratio. Elle permet également de concevoir des offres de financement de la rénovation ciblées sur les bâtiments dont la rénovation générerait les plus fortes réductions d’émissions, maximisant ainsi l’impact environnemental des euros prêtés.

Les données namR couvrent ces différentes dimensions à l’échelle du bâtiment pour l’ensemble du parc résidentiel et tertiaire français. Elles permettent de passer d’une vision agrégée et approximative à une connaissance précise et exploitable, bâtiment par bâtiment et à l’échelle de tout territoire.

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