Rénovation énergétique : comment déterminer les meilleures cibles ? 

Rénovation énergétique

La rénovation énergétique du parc immobilier français est l’un des enjeux les plus documentés de la transition écologique. Le secteur du bâtiment représente environ 40 % des consommations d’énergie finale et une part significative des émissions de gaz à effet de serre nationales. Pourtant, malgré des années de politiques d’incitation et des milliards d’euros d’aides publiques mobilisés, le bilan reste en deçà des objectifs.

Au 1er janvier 2025, on estime à 3,9 millions le nombre de passoires thermiques (logements classés F ou G) parmi les résidences principales françaises, soit 12,7 % du parc. Sur l’ensemble des logements, résidences secondaires et logements vacants inclus, ce chiffre monte à 5,4 millions. En 2024, seulement 340 000 logements ont bénéficié d’une rénovation soutenue par l’Anah, bien en deçà de l’objectif initial de 500 000 rénovations annuelles. Et les rénovations par geste ont chuté de 50 % par rapport à l’année précédente, en partie à cause des turbulences réglementaires autour de MaPrimeRénov’ en début d’année.

Ce décalage entre les ambitions affichées et la réalité du terrain ne s’explique pas seulement par un manque de ressources financières. Il tient aussi à un problème fondamental de ciblage. Pour accélérer la rénovation énergétique, il faut d’abord savoir précisément quels bâtiments rénover, par où commencer, quels travaux réaliser et comment mobiliser les bons acteurs au bon moment. Ces questions semblent triviales. Dans un parc de 37 millions de logements, elles ne le sont pas.

À retenir

Au 1er janvier 2025, la France compte 3,9 millions de passoires thermiques parmi ses résidences principales. Le coût moyen d'une rénovation globale atteignait 55 065 euros en 2024, avec une aide moyenne de l'État de 36 271 euros. Sans les aides publiques, 77 % des travaux n'auraient pas pu être réalisés en totalité.

Pourquoi le ciblage est la clé ?

Le problème de la connaissance du parc

Le premier obstacle à la rénovation énergétique est souvent la méconnaissance. Un propriétaire ne sait pas toujours quel est le niveau de performance énergétique réel de son logement, quels sont les travaux les plus efficaces à engager ou à quel montant d’aide il peut prétendre. Un gestionnaire de patrimoine qui supervise plusieurs centaines de bâtiments n’a souvent qu’une vision partielle et hétérogène de l’état énergétique de son parc. Une collectivité qui veut planifier ses actions de rénovation sur son territoire ne dispose pas toujours d’une cartographie précise des logements les plus énergivores.

Cette opacité sur l’état réel du parc est l’une des principales causes du décalage entre les besoins et les actions. Sans information fiable et exploitable sur chaque bâtiment, impossible de prioriser, d’orienter les financements vers les situations les plus urgentes ou de proposer à chaque propriétaire une solution véritablement adaptée.

Ce que signifie « bien cibler »

Bien cibler ne signifie pas simplement identifier les logements classés F ou G selon le DPE. Cela suppose de croiser plusieurs dimensions complémentaires.

La première est la performance énergétique réelle du bâtiment. Le DPE fournit une classification, mais la compréhension des causes du mauvais classement est ce qui permet de définir les bons travaux. Un logement mal classé en raison d’un système de chauffage obsolète n’appelle pas les mêmes travaux qu’un logement mal classé en raison d’une enveloppe non isolée.

La deuxième dimension est le potentiel de gain. Tous les logements énergivores n’ont pas le même potentiel d’amélioration. Certains peuvent gagner deux classes de DPE avec des travaux d’isolation des combles relativement accessibles. D’autres nécessitent une rénovation globale coûteuse pour atteindre un niveau de performance satisfaisant. Identifier ce potentiel de gain par bâtiment est indispensable pour orienter les ressources vers les situations où l’impact sera le plus fort.

La troisième dimension est la faisabilité technique et financière. Un logement très énergivore avec un propriétaire disposant de ressources limitées et sans capacité d’emprunt n’a pas le même profil de traitement qu’un bailleur institutionnel propriétaire d’un immeuble de rapport. Le ciblage efficace intègre le profil des occupants et des propriétaires, pas seulement les caractéristiques physiques du bâtiment.

L'arsenal réglementaire et financier en 2026

Le cadre législatif qui crée l’urgence

La loi Energie et Climat de 2019 et la loi Climat et Résilience de 2021 ont progressivement introduit des obligations qui donnent une dimension contraignante à la rénovation énergétique, notamment pour le parc locatif.

Depuis janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location. Les logements classés F suivront en 2028, les logements classés E en 2034. Ces interdictions ont un effet direct sur le marché locatif. En 2024, l’offre locative a diminué de 9 % entre octobre 2023 et octobre 2024, les propriétaires de passoires thermiques n’ayant pas encore réalisé les travaux retirant leurs biens du marché plutôt que d’investir. Mais elles créent aussi une dynamique de réhabilitation globale sans précédent pour les bailleurs qui choisissent d’investir.

Depuis avril 2023, la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété classé F ou G est conditionnée à la réalisation d’un audit énergétique, qui doit accompagner le dossier de vente et proposer un parcours de travaux chiffré.

La loi ELAN de 2018 et les décrets de 2020 ont par ailleurs rendu obligatoire, pour les logements neufs construits dans les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, la réalisation d’études géotechniques préalables permettant d’adapter les fondations. Ce cadre illustre comment la réglementation ne se limite plus à l’efficacité énergétique, mais intègre désormais les risques climatiques dans la conception et la rénovation des bâtiments.

MaPrimeRénov’ et ses évolutions récentes

MaPrimeRénov’ est la principale aide de l’État pour la rénovation énergétique des logements résidentiels. Depuis son lancement en 2020, elle a accompagné plus de 2,4 millions de rénovations pour un total de 10,4 milliards d’euros d’aides distribuées.

En 2024, le dispositif a connu une réforme profonde et mouvementée. Au 1er janvier, une nouvelle version a été déployée avec l’objectif de favoriser les rénovations d’ampleur au détriment des mono-gestes. Cette réorientation, bien intentionnée sur le fond, a provoqué une chute brutale des demandes de rénovations par geste (baisse de 56 % au premier semestre 2024), sans que les rénovations d’ampleur ne compensent le déficit. Face à ces résultats, un assouplissement a été introduit le 15 mai 2024, permettant à nouveau aux propriétaires d’accéder aux mono-gestes sans condition de DPE préalable.

En 2025, le dispositif fonctionne sur deux parcours distincts. Le parcours accompagné cible les rénovations d’ampleur sur les logements classés F et G. Il nécessite l’intervention d’un Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR) et permet de bénéficier d’aides renforcées, avec un taux de couverture pouvant atteindre 80 % du coût des travaux pour les ménages intermédiaires. Le parcours par geste continue de financer des travaux individuels (pompe à chaleur, isolation, ventilation) pour les logements classés A à E.

Le budget alloué à MaPrimeRénov’ s’élève à 2,35 milliards d’euros pour 2025, avec une cible révisée à la baisse de 100 000 rénovations globales. Un objectif qui contraste avec l’ampleur des besoins.

Les Certificats d’Economie d’Energie (CEE)

Les CEE constituent la première aide en volume pour la rénovation énergétique. Distribués par les fournisseurs d’énergie qui ont l’obligation d’en financer, ils concernent 87 % des logements ayant bénéficié d’une aide à la rénovation. Ils peuvent financer des mono-gestes (isolation des combles, des murs, changement de chaudière) sans condition de ressources et sans plafond de revenus, ce qui en fait un dispositif particulièrement accessible. Leur montant varie selon les travaux réalisés, les économies d’énergie attendues et le fournisseur distributeur.

L’éco-PTZ et les financements bancaires

L’éco-prêt à taux zéro permet de financer jusqu’à 50 000 euros de travaux de rénovation globale sans intérêts, remboursables sur 20 ans. Il est accessible sans condition de ressources et cumulable avec MaPrimeRénov’. Selon l’étude de la Fédération Bancaire Française de novembre 2025, 41 % des propriétaires ayant réalisé des travaux ont eu recours à un crédit, l’éco-PTZ s’imposant comme la solution la plus fréquente (34 % des crédits contractés), devant le crédit à la consommation (32 %) et le prêt immobilier (28 %).

Les gestes travaux et leur hiérarchisation

Pourquoi l’ordre des travaux compte ? 

L’un des enseignements des années d’expérience en rénovation énergétique est que l’ordre dans lequel les travaux sont réalisés a un impact direct sur leur efficacité finale. Rénover un système de chauffage avant d’isoler l’enveloppe du bâtiment conduit à surdimensionner l’équipement thermique et à en réduire les gains. L’isolation de l’enveloppe doit généralement précéder ou accompagner le remplacement du système de chauffage pour obtenir un résultat cohérent.

En 2024, 77 % des travaux financés par MaPrimeRénov’ ont concerné le remplacement des systèmes de chauffage, et seulement 16 % l’isolation thermique. Ce déséquilibre illustre les limites d’une approche mono-geste non coordonnée. Un logement dont la chaudière au fioul a été remplacée par une pompe à chaleur sans traitement de l’enveloppe reste inconfortable en hiver et ne bénéficie pas pleinement de l’efficacité de l’équipement installé.

Les gestes les plus impactants par type de logement

Pour une maison individuelle construite avant 1975, les gains les plus importants viennent généralement de l’isolation des combles perdus (jusqu’à 30 % des déperditions thermiques pour un coût souvent inférieur à 5 000 euros), de l’isolation des murs (par l’extérieur de préférence) et du remplacement du système de chauffage. Ces trois gestes combinés permettent souvent de franchir deux classes de DPE.

Pour un appartement en copropriété, les travaux sur les parties privatives sont limités. L’isolation des parois (murs et planchers) et le remplacement des menuiseries sont accessibles individuellement. Mais les gains les plus significatifs passent par des travaux collectifs sur les parties communes, ce qui suppose un processus de décision en assemblée générale souvent long et complexe.

Pour un bâtiment tertiaire ou un équipement public, la démarche est différente. Les audits énergétiques réglementaires (obligatoires pour les grandes entreprises) et les dispositifs CEE permettent de financer des études de faisabilité approfondies. Le Décret Tertiaire, qui impose une réduction progressive des consommations d’énergie des bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² (40 % d’ici 2030, 50 % en 2040, 60 % en 2050 par rapport à 2010), crée une obligation de résultats qui structure les plans d’action.

L’isolation thermique, parent pauvre de la rénovation

L’isolation thermique reste le geste le plus sous-représenté dans les rénovations aidées, malgré son impact central. Elle agit sur les déperditions thermiques de l’enveloppe du bâtiment et conditionne l’efficacité de tout autre geste. L’isolation des combles perdus est souvent le meilleur rapport coût/gain disponible : pour moins de 5 000 euros sur une maison individuelle, elle peut réduire les consommations de chauffage de 20 à 30 %. L’isolation des murs est plus coûteuse mais représente 20 à 25 % supplémentaires de déperditions dans les logements mal isolés.

Le remplacement des menuiseries (fenêtres et portes) a un impact plus limité sur le classement DPE mais améliore le confort thermique et acoustique et réduit les infiltrations d’air. Il est souvent réalisé en premier par les propriétaires car visible et perceptible immédiatement, mais son retour sur investissement énergétique est inférieur à celui de l’isolation des parois opaques.

Comment la donnée transforme l'approche du ciblage ?

Les limites de l’information disponible en open data

Les données publiques sur le parc immobilier sont nombreuses mais souvent insuffisantes pour un ciblage opérationnel précis. Les DPE collectés par l’ADEME couvrent une partie croissante du parc (chaque transaction ou nouvelle location génère un DPE), mais des pans entiers du parc ne disposent pas encore de DPE récent ou fiable. Les données cadastrales renseignent sur la surface, la date de construction et l’usage des bâtiments, mais pas sur leurs caractéristiques thermiques. Les données socio-démographiques permettent d’identifier les ménages potentiellement éligibles aux aides les plus favorables, mais sans lien direct avec les bâtiments qu’ils occupent.

Pour passer d’une vision partielle et fragmentée du parc à une connaissance opérationnelle permettant le ciblage à l’échelle du bâtiment, il faut enrichir, croiser et géolocaliser ces sources hétérogènes, et compléter les données manquantes par des méthodes d’analyse qui permettent d’estimer les caractéristiques non connues.

Ce que l’intelligence artificielle appliquée aux images permet

L’analyse d’images aériennes et satellitaires par des algorithmes de deep learning est aujourd’hui capable de produire, pour chaque bâtiment du territoire français, un ensemble d’informations qui ne sont disponibles dans aucune base de données publique.

La détection du matériau et de l’état de la toiture permet d’identifier les bâtiments dont la couverture est dégradée et nécessite une intervention avant tout autre travaux, ou au contraire ceux dont la toiture est en bon état et adaptée à une isolation des combles ou à une installation solaire.

La caractérisation de l’enveloppe du bâtiment (façades, menuiseries, présence de bouches de ventilation visibles, type de construction) fournit des indices sur le niveau d’isolation existant et les travaux les plus probablement nécessaires.

La détection des obstacles sur toiture (cheminées, VMC, climatiseurs, panneaux déjà installés) permet d’anticiper les contraintes d’installation de solutions solaires ou les besoins de rénovation spécifiques.

La détection de la végétation et de l’imperméabilisation autour des bâtiments contribue à évaluer leur exposition aux risques climatiques (îlots de chaleur, risques d’inondation, retrait-gonflement des argiles) qui peuvent influencer les priorités de rénovation.

Croisées avec les données de DPE disponibles, les données socio-démographiques et les informations sur les aides auxquelles chaque ménage est éligible, ces caractéristiques permettent de construire un score de priorité de rénovation qui combine l’urgence énergétique, le potentiel de gain, la faisabilité technique et la probabilité de passage à l’acte.

De la donnée à la décision

Ce niveau de précision dans la connaissance du parc change profondément la façon dont les acteurs de la rénovation peuvent opérer.

Pour un gestionnaire de patrimoine qui supervise plusieurs centaines ou milliers de logements, il devient possible d’identifier en quelques minutes les bâtiments qui cumulent le plus grand potentiel de réduction des consommations, de planifier les interventions par ordre de priorité et d’associer à chaque bâtiment une estimation des travaux nécessaires et des aides mobilisables.

Pour une collectivité territoriale, cette connaissance fine du parc permet de construire un plan d’action rénovation territorialisé. Plutôt que de mener des campagnes de sensibilisation généralistes, il devient possible de cibler les quartiers où la concentration de passoires thermiques est la plus forte, d’identifier les propriétaires occupants modestes qui ont le plus besoin d’accompagnement, et de mesurer les progrès réalisés dans le temps grâce à des indicateurs comparables d’une année sur l’autre.

Pour un établissement bancaire, la donnée à l’échelle du bâtiment permet de qualifier le potentiel de rénovation de chaque client propriétaire, d’identifier proactivement ceux dont le logement est concerné par les interdictions de location à venir et de leur proposer un accompagnement financier adapté au moment où le besoin est le plus fort.

Pour un particulier, un simulateur basé sur ces données permet de se projeter concrètement dans un projet de rénovation en quelques clics. Plutôt que de partir d’une page blanche, le propriétaire voit apparaître les caractéristiques connues de son logement, les travaux les plus pertinents pour son cas, les aides auxquelles il est éligible et une estimation du retour sur investissement de chaque scénario.

À retenir

Une étude FBF de novembre 2025 révèle que 36 % des propriétaires n'ont pas démarré des travaux qu'ils jugent pourtant utiles. Le premier frein cité est la difficulté à obtenir des aides (41 %), suivi par la contrainte financière (39 %) et la disponibilité des artisans (37 %). Ces obstacles sont tous adressables avec un accompagnement bien ciblé et des outils de simulation personnalisés.

Les acteurs et leurs rôles dans la chaîne de la rénovation

L’Accompagnateur Rénov’ (MAR)

Depuis 2023, le recours à un Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire pour les projets de rénovation d’ampleur qui souhaitent bénéficier du parcours accompagné de MaPrimeRénov’. Cet accompagnateur, qui peut être un artisan qualifié, un bureau d’études ou une plateforme de service, joue un rôle central de coordination. Il réalise le diagnostic du logement, aide le propriétaire à définir son projet de travaux, assemble les dossiers d’aides, coordonne les entreprises intervenantes et suit la réalisation des travaux.

La qualité de cet accompagnement est un déterminant majeur de la réussite des projets de rénovation globale. Un accompagnateur bien équipé en données sur le logement du client est en mesure de lui proposer un plan de travaux cohérent et personnalisé, plutôt qu’une approche générique déconnectée des caractéristiques réelles du bâtiment.

Les artisans et entreprises RGE

La mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est une condition d’éligibilité à la plupart des aides à la rénovation énergétique. Elle atteste que l’entreprise a les compétences et la formation nécessaires pour réaliser des travaux d’efficacité énergétique conformes aux exigences des programmes d’aide.

Le tissu des artisans RGE est inégalement réparti sur le territoire. Dans certaines zones rurales, la disponibilité des artisans qualifiés est un facteur limitant du rythme des rénovations. La connaissance du tissu local d’artisans RGE par type de travaux est une information utile pour les collectivités qui cherchent à animer la rénovation sur leur territoire.

Les copropriétés, un cas particulier complexe

Les copropriétés concentrent une part significative des passoires thermiques, notamment dans les grandes agglomérations. Elles présentent des difficultés spécifiques liées à la multiplicité des propriétaires et à la nécessité de décisions collectives. Lancer une rénovation énergétique en copropriété nécessite d’obtenir une majorité qualifiée en assemblée générale, de financer la part des copropriétaires en difficulté, et de coordonner des travaux sur les parties communes avec des dizaines ou des centaines de propriétaires dont les intérêts peuvent diverger.

Des dispositifs spécifiques existent pour faciliter ces opérations. MaPrimeRénov’ Copropriétés a permis de rénover 37 791 logements en 2024, en progression de 25 % par rapport à l’année précédente. Les Eco-Prêts Collectifs permettent à la copropriété de contracter un prêt au nom de la collectivité, chaque copropriétaire remboursant sa quote-part.

Ce que la rénovation rapporte, au-delà de l'énergie

La valorisation patrimoniale

Rénover énergétiquement un logement n’est pas seulement un coût. C’est aussi un investissement qui valorise le patrimoine. Les études des Notaires de France montrent qu’un logement classé B se vend entre 11 et 14 % plus cher qu’un logement classé D équivalent, et qu’un logement F subit une décote d’environ 18 % par rapport à ce même référent. Ces écarts se creusent à mesure que les contraintes réglementaires progressent.

Un propriétaire qui investit 40 000 euros pour passer son logement de F à C améliore son confort, réduit ses factures d’énergie et peut espérer une valorisation de son bien supérieure au coût des travaux dans les marchés tendus.

Le confort et la santé

Au-delà de la dimension financière, la rénovation énergétique améliore significativement le confort de vie. Un logement bien isolé maintient une température stable en hiver comme en été, réduit les nuisances sonores, limite les problèmes d’humidité et de condensation, et améliore la qualité de l’air intérieur. Ces bénéfices sont particulièrement importants pour les occupants les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et les enfants, qui passent davantage de temps à leur domicile et sont plus sensibles aux variations thermiques.

Les logements mal isolés exposent leurs occupants à des risques de santé réels. Le froid intérieur est associé à une augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires. La chaleur estivale, amplifiée par les îlots de chaleur urbains, y est mal régulée. Rénover est ainsi un enjeu de santé publique autant qu’un enjeu énergétique.

L’impact sur les émissions de GES

À l’échelle nationale, le potentiel de réduction des émissions de GES lié à la rénovation du parc résidentiel est considérable. Les rénovations par geste aidées par MaPrimeRénov’ ont généré des réductions d’émissions de GES de 1,3 million de tonnes équivalent CO₂ par an en 2023, soit 2,8 tonnes par logement rénové. Les rénovations globales, bien que moins nombreuses, génèrent des gains environ cinq fois plus élevés par logement. C’est l’argument central en faveur de la réorientation vers les rénovations d’ampleur, même si leur déploiement massif se heurte à des obstacles pratiques importants.

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