Quel est le véritable impact des banques sur le climat ?

impact des banques sur le climat

Lorsqu’on évoque l’impact climatique d’une banque, on pense spontanément à ses bureaux, à sa consommation d’électricité, à ses véhicules de service. Ces émissions directes, qui constituent le Scope 1 et le Scope 2 d’une banque, sont réelles mais marginales au regard de ce qui détermine véritablement son empreinte carbone.

L’impact climatique d’une banque se joue avant tout dans ses financements. Chaque euro prêté, chaque obligation achetée, chaque investissement réalisé soutient une activité économique qui émet des gaz à effet de serre. La somme de ces émissions financées, appelée Scope 3 catégorie 15, représente souvent plus de 95 % de l’empreinte carbone totale d’un établissement bancaire. Ce chiffre, documenté par les recherches du PCAF (Partnership for Carbon Accounting Financials), remet radicalement en perspective les discours sur la neutralité carbone des opérations internes.

Un établissement qui compense ses émissions directes par des crédits carbone tout en finançant des projets pétroliers ou des logements énergivores contribue bien plus au changement climatique qu’il n’y contribue à sa limitation. C’est pourquoi la mesure et la réduction des émissions financées est aujourd’hui au cœur des débats sur la durabilité du secteur bancaire.

Cet article analyse les différentes dimensions de l’impact climatique des banques, les engagements pris, les exigences réglementaires qui s’imposent à elles et les leviers concrets pour passer des déclarations aux actes.

À retenir

Les émissions financées représentent typiquement plus de 95 % de l'empreinte carbone totale d'un établissement bancaire. Mesurer ces émissions avec précision est la condition préalable à toute stratégie crédible de décarbonation des portefeuilles.

Ce que signifie réellement l'empreinte carbone d'une banque

Les trois scopes des émissions bancaires

La comptabilité carbone des entreprises est structurée autour de trois périmètres, communément appelés Scope 1, 2 et 3.

Le Scope 1 regroupe les émissions directes de l’établissement, c’est-à-dire celles issues de ses propres installations et de ses véhicules. Pour une banque, cela représente principalement les émissions de ses bâtiments chauffés au gaz ou au fioul et de sa flotte automobile. Ces émissions sont généralement faibles par rapport au volume d’activité.

Le Scope 2 correspond aux émissions indirectes liées à la consommation d’énergie achetée, principalement l’électricité. Sa valeur dépend du mix électrique du pays. En France, grâce à la part importante du nucléaire et des énergies renouvelables, l’électricité est parmi les moins carbonées d’Europe, ce qui limite mécaniquement le Scope 2 des entreprises françaises.

Le Scope 3 est de loin le plus significatif pour les banques. Il regroupe toutes les émissions indirectes qui ne sont pas comptabilisées dans les Scopes 1 et 2. Pour les établissements financiers, la catégorie 15 du Scope 3, dite « émissions financées », est la plus importante. Elle correspond aux émissions générées par les entreprises, les ménages et les projets que la banque finance via ses crédits et ses investissements.

Comment sont calculées les émissions financées ?

Le calcul des émissions financées repose sur le protocole PCAF, qui fournit des méthodes standardisées pour différentes catégories d’actifs. La logique générale est la suivante. Pour chaque financement accordé, on estime la part des émissions de la contrepartie qui est attribuable à la banque, proportionnellement à sa participation dans le financement total de cette contrepartie.

Pour les crédits immobiliers résidentiels, la méthode est plus directe. On mesure les émissions opérationnelles du logement financé (liées à son chauffage et à sa consommation d’énergie) et on les attribue en totalité à l’encours de crédit correspondant, ajustées par le ratio entre l’encours de la banque et la valeur du bien. Le classement DPE du logement est donc un déterminant direct des émissions financées de Scope 3 pour les banques françaises.

Pour les crédits aux entreprises sans usage des fonds précis, la banque doit s’appuyer sur les données de reporting climatique publiées par l’emprunteur. Pour les PME, qui ne publient souvent pas ces données, des valeurs sectorielles moyennes sont utilisées, ce qui introduit une incertitude dans le calcul.

L’ordre de grandeur des émissions financées

Pour donner une idée de l’ampleur des émissions financées, une grande banque française dont le portefeuille de crédits immobiliers résidentiels représente 200 milliards d’euros finance potentiellement plusieurs dizaines de millions de logements. Si une fraction significative de ces logements est classée E, F ou G, les émissions de chauffage associées représentent plusieurs millions de tonnes de CO₂ par an.

À titre de comparaison, les émissions opérationnelles directes (Scopes 1 et 2) de cette même banque seraient de l’ordre de quelques centaines de milliers de tonnes au maximum. Le ratio entre les émissions financées et les émissions directes peut donc dépasser 100 pour 1.

Les engagements des banques et leur crédibilité

Les initiatives sectorielles

Face à la prise de conscience croissante de l’impact climatique des financements, plusieurs initiatives sectorielles ont émergé pour structurer les engagements des établissements bancaires.

La Net-Zero Banking Alliance (NZBA), lancée en 2021 sous l’égide de l’ONU, regroupe des banques qui s’engagent à aligner leurs portefeuilles de crédits et d’investissements sur une trajectoire de neutralité carbone à horizon 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030. Plusieurs grandes banques françaises en font partie.

La Science Based Targets initiative (SBTi) propose un cadre de validation des objectifs de réduction des émissions, pour s’assurer qu’ils sont compatibles avec les scénarios scientifiques de limitation du réchauffement à 1,5°C. Pour les banques, la SBTi a développé des méthodologies spécifiques (notamment PACTA pour l’analyse de compatibilité des portefeuilles) qui permettent de définir des trajectoires de décarbonation secteur par secteur.

La Principles for Responsible Banking (PRB) est un cadre développé par l’Initiative Finance des Nations Unies qui invite les banques signataires à aligner leur stratégie avec les Objectifs de Développement Durable et l’Accord de Paris. Plus de 300 banques dans le monde ont adhéré à ce cadre.

L’écart entre engagements et réalité

Malgré la multiplication des engagements, un écart significatif subsiste entre les déclarations et les réalisations. Plusieurs éléments l’illustrent.

D’abord, la mesure des émissions financées reste insuffisamment standardisée. Les méthodes de calcul varient selon les établissements, les périmètres pris en compte diffèrent, et les données disponibles sur les contreparties sont souvent lacunaires. Cela rend les comparaisons difficiles et permet à certains établissements de présenter des chiffres flatfleurs en choisissant des méthodologies favorables.

Ensuite, les objectifs de décarbonation portent souvent sur l’intensité carbone des portefeuilles (émissions par euro d’encours) plutôt que sur les volumes absolus. Or, si l’encours total augmente plus vite que l’intensité diminue, les émissions absolues financées peuvent continuer à croître malgré un ratio d’intensité en baisse.

La vérification indépendante des engagements est encore limitée. Les rapports de durabilité des banques sont encore peu soumis à des audits externes aussi rigoureux que leurs comptes financiers. La directive CSRD, en rendant obligatoire la vérification par des tiers des informations extra-financières, devrait améliorer progressivement la qualité et la fiabilité de ces publications.

Le cadre réglementaire qui s'impose aux banques

La CSRD et les normes ESRS

La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), applicable aux grandes banques françaises depuis les exercices ouverts au 1er janvier 2024, impose la publication d’un rapport de durabilité basé sur les normes ESRS. Pour les établissements financiers, ce rapport doit couvrir l’ensemble des enjeux climatiques matériels, notamment les émissions financées de Scope 3.

La CSRD introduit le principe de double matérialité, qui impose aux banques de rendre compte à la fois de l’impact des risques climatiques sur leur activité (matérialité financière) et de l’impact de leurs financements sur le climat (matérialité d’impact). Cette double lecture est plus exigeante que les approches traditionnelles centrées uniquement sur les risques financiers.

Les informations publiées dans le cadre de la CSRD doivent être vérifiées par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant, ce qui représente un renforcement majeur de la rigueur du reporting par rapport aux déclarations non vérifiées publiées jusqu’ici dans les rapports RSE.

Le Green Asset Ratio et le Pilier 3 ESG

Depuis le 1er janvier 2024, les grandes banques européennes publient obligatoirement leur Green Asset Ratio (GAR) dans leurs rapports Pilier 3 ESG. Cet indicateur mesure la part de leurs actifs finançant des activités conformes à la Taxonomie Verte Européenne.

Le GAR moyen des grandes banques européennes s’établissait à environ 3,7 % en 2024, alors même que 35 % de leurs actifs sont considérés éligibles à la Taxonomie. Cet écart entre éligibilité et alignement effectif illustre la difficulté de la mise en œuvre, notamment en raison du manque de données disponibles sur les contreparties.

Pour les crédits immobiliers résidentiels, l’alignement sur la Taxonomie est évalué principalement sur la base de la performance énergétique du logement financé. Un logement neuf conforme à la RE2020 ou un logement ancien parmi les 15 % les plus performants du parc peut contribuer positivement au GAR. Un logement énergivore ne peut pas y contribuer.

Les stress tests climatiques et les exigences prudentielles

La BCE et l’ACPR ont intégré les risques climatiques dans leurs outils de supervision. Les stress tests climatiques, conduits périodiquement depuis 2022, évaluent la résilience des bilans bancaires face à différents scénarios de transition climatique et de risques physiques.

Ces exercices ont révélé que de nombreux établissements sous-estiment leur exposition aux risques climatiques, notamment parce qu’ils ne disposent pas de données suffisamment granulaires sur les actifs de leurs portefeuilles. La BCE a clairement indiqué que les résultats de ces stress tests peuvent influencer les exigences de capital au titre du Pilier 2.

L’ACPR, dans ses orientations publiées, pousse les banques françaises à développer des capacités de mesure et de gestion des risques climatiques à l’échelle du bâtiment, et non plus seulement à l’échelle communale ou régionale. Cette exigence de granularité croissante renforce le besoin de données bâtiment précises.

Le règlement SFDR pour les produits d’investissement

Le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) impose aux gestionnaires d’actifs et aux banques qui distribuent des produits financiers de publier des informations sur la manière dont ils intègrent les risques et facteurs de durabilité. Les produits financiers sont classés en trois catégories.

Les fonds dits « article 6 » n’ont pas d’objectif de durabilité spécifique. Les fonds « article 8 » promeuvent des caractéristiques environnementales ou sociales. Les fonds « article 9 » ont un objectif d’investissement durable comme objectif principal.

Cette classification est devenue un signal de marché important. Les investisseurs institutionnels alignent de plus en plus leurs allocations vers les fonds article 8 et article 9, créant une pression commerciale sur les banques pour développer et distribuer des produits financiers réellement durables.

Les leviers concrets de décarbonation des portefeuilles

Réorienter les flux de financement

La décarbonation d’un portefeuille bancaire passe d’abord par la réorientation des flux de financement vers des activités plus compatibles avec les objectifs climatiques. En pratique, cela signifie plusieurs choses concrètes.

Financer davantage la rénovation énergétique des bâtiments existants, qui représente l’un des leviers les plus efficaces de réduction des émissions à l’échelle nationale. Chaque euro de crédit qui finance la transformation d’un logement classé G en logement classé C réduit les émissions financées du portefeuille tout en répondant à une demande réelle des propriétaires.

Développer le financement des installations d’énergie renouvelable sur les toitures résidentielles et tertiaires. Ces projets, dont la faisabilité peut être évaluée précisément grâce aux données de potentiel solaire, génèrent des actifs verts au sens de la Taxonomie et contribuent positivement au GAR.

Accompagner les entreprises clientes dans leur propre transition énergétique, via des prêts conditionnés à la réduction de leurs émissions ou des prêts liés à la durabilité dont le taux varie en fonction de l’atteinte d’objectifs environnementaux.

Intégrer les critères climatiques dans les décisions de crédit

La décarbonation des portefeuilles ne passe pas seulement par les nouvelles originations. Elle suppose également d’intégrer les critères climatiques dans les décisions de crédit existantes.

Pour les crédits immobiliers, cela signifie tenir compte de la performance énergétique du logement financé dans l’évaluation de la garantie hypothécaire. Un logement classé F ou G présente un risque de dépréciation croissant à mesure que les échéances réglementaires approchent. Intégrer ce risque dans les modèles d’évaluation des garanties conduit à des décisions de crédit plus précises et à une gestion proactive de l’exposition aux actifs énergivores.

Pour les crédits aux entreprises, intégrer l’exposition aux risques climatiques physiques et de transition dans l’évaluation du risque de crédit permet d’anticiper des difficultés qui pourraient se matérialiser à moyen terme pour des emprunteurs dont les activités sont incompatibles avec la transition bas carbone.

Mettre en place des politiques sectorielles

Certains secteurs sont particulièrement problématiques du point de vue climatique. Les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), les industries à forte intensité carbone et les activités liées à la déforestation sont les principaux. Plusieurs grandes banques ont adopté des politiques sectorielles qui encadrent ou limitent leurs financements dans ces domaines.

Ces politiques, pour être crédibles, doivent être suffisamment précises pour exclure réellement les projets les plus néfastes, et non simplement les plus visibles. Une politique qui exclut les mines de charbon nouvelles mais continue à financer leur exploitation existante, ou qui exclut le financement des projets d’exploration pétrolière mais continue à refinancer les compagnies pétrolières via leurs besoins généraux de trésorerie, n’a qu’un impact limité sur les émissions financées totales.

Le rôle décisif de la donnée dans l'impact climatique des banques

Mesurer pour piloter

La donnée est la condition sine qua non d’une gestion sérieuse de l’impact climatique des portefeuilles bancaires. Sans information précise sur les actifs financés, il est impossible de mesurer les émissions financées avec rigueur, d’identifier les concentrations de risques climatiques et de définir des objectifs de décarbonation crédibles.

Or, les données disponibles dans les systèmes d’information des banques sont souvent insuffisantes. Les informations sur la performance énergétique des logements financés ne sont pas toujours collectées à l’octroi du crédit. Les données sur les risques climatiques physiques auxquels sont exposés les actifs du portefeuille ne sont pas intégrées dans les modèles de risque. Les informations sur l’empreinte carbone des entreprises emprunteuses sont parcellaires.

Combler ces lacunes suppose d’enrichir les données internes par des sources externes géolocalisées. Pour les crédits immobiliers résidentiels, cela signifie disposer, pour chaque bien financé, d’une estimation fiable de sa performance énergétique (DPE estimé ou réel), de son exposition aux risques climatiques physiques (inondation, RGA, chaleur) et de son potentiel de production d’énergie renouvelable.

Ce que la donnée granulaire permet de faire

Une donnée précise à l’échelle du bâtiment change fondamentalement la capacité d’action des banques sur plusieurs dimensions.

Elle permet de calculer les émissions financées avec la granularité requise par les protocoles PCAF et les exigences de la CSRD, plutôt que de s’appuyer sur des valeurs moyennes peu représentatives du portefeuille réel.

Elle permet d’identifier les concentrations de risques dans les portefeuilles. Un établissement qui découvre que 15 % de ses encours hypothécaires portent sur des logements classés F ou G dans des zones à fort aléa de retrait-gonflement des argiles dispose d’une information précieuse pour calibrer ses politiques d’origination et ses provisions.

Elle permet de cibler les actions commerciales vers les clients dont le bien est le plus susceptible de bénéficier d’une offre de rénovation ou de solarisation, avec un message personnalisé basé sur les caractéristiques réelles de leur logement.

Elle permet enfin de suivre la trajectoire de décarbonation du portefeuille dans le temps, en mesurant l’évolution de la performance énergétique moyenne des actifs financés et l’impact des programmes de rénovation accompagnés par la banque.

Les 250 dimensions de connaissance d’un bâtiment

Décrire un bâtiment de manière suffisamment complète pour alimenter les modèles de risque climatique, les calculs d’émissions financées et les simulateurs de rénovation suppose de mobiliser de nombreux attributs complémentaires.

Ces attributs couvrent plusieurs dimensions. La situation environnementale du bien (proximité des cours d’eau, des zones inondables, exposition aux risques climatiques, présence de végétation alentour). La situation socio-économique(revenus médians du quartier, valeur immobilière locale, taux de propriétaires, accès aux transports). Les caractéristiques structurelles (nombre d’étages, date de construction, surface habitable, volume, nombre de logements). Les caractéristiques de l’enveloppe (état de la toiture, surface de façade, longueur des murs mitoyens, présence d’obstacles sur toiture). Les informations énergétiques (mode de chauffage principal, estimation du DPE, étiquette GES, potentiel de production solaire).

La combinaison de ces dimensions à l’échelle de chaque bâtiment, sur l’ensemble du parc français, est ce qui permet aux banques de passer d’une gestion agrégée et approximative de leur impact climatique à une gestion précise, personnalisée et véritablement actionnable.

De la déclaration à l'action : ce que les meilleures pratiques montrent

Publier des données vérifiées sur les émissions financées

La première condition d’un engagement crédible est la publication de données précises et vérifiables sur les émissions financées. Plusieurs grandes banques françaises ont commencé à publier l’intensité carbone de leurs portefeuilles de crédits immobiliers, exprimée en grammes de CO₂ par euro d’encours ou en kilowattheures par mètre carré.

Cette transparence est un premier pas, mais elle doit s’accompagner d’objectifs de réduction clairs et d’un plan d’action détaillé pour les atteindre. Un engagement de réduction de 30 % de l’intensité carbone du portefeuille immobilier d’ici 2030 n’a de valeur que s’il est assorti de mesures concrètes (programmes de rénovation accompagnée, révision des critères d’octroi, réorientation des flux de financement) et d’un suivi régulier des résultats.

Accompagner les clients, pas seulement les financer

Les banques les plus avancées sur ce sujet ne se contentent pas de distribuer des produits financiers verts. Elles accompagnent leurs clients dans la compréhension de leur exposition climatique, dans la définition d’un plan d’action et dans la mise en œuvre de travaux de rénovation ou d’installation d’équipements renouvelables.

Cet accompagnement suppose des compétences nouvelles dans les réseaux commerciaux, des outils de simulation personnalisés et une organisation qui permette au conseiller de passer d’une logique de vente de produits à une logique de conseil en transition énergétique. C’est un changement culturel profond, qui prend du temps mais qui crée une différenciation durable.

Intégrer les risques climatiques dans le pricing du crédit

L’étape la plus structurante, mais aussi la plus difficile à mettre en œuvre, est l’intégration des risques climatiques dans la tarification des crédits. Si un logement énergivore en zone inondable présente un risque de dépréciation supérieur à un logement performant hors zone de risque, ce différentiel de risque devrait en théorie se refléter dans les conditions de financement.

Plusieurs établissements ont commencé à expérimenter des offres à taux bonifiés pour les logements bien classés énergétiquement, en complément des dispositifs publics (éco-PTZ). La logique inverse, qui consisterait à appliquer un taux majoré pour les logements énergivores, est politiquement et commercialement plus délicate, mais elle est théoriquement cohérente avec une prise en compte sérieuse des risques climatiques dans le crédit immobilier.

Vers une finance vraiment alignée avec le climat

L’impact des banques sur le climat est réel, massif et encore insuffisamment mesuré. La bonne nouvelle est que les outils pour le mesurer, le piloter et le réduire existent et s’améliorent rapidement. La donnée granulaire à l’échelle du bâtiment, les protocoles de comptabilité carbone comme le PCAF, les cadres réglementaires comme la CSRD et la Taxonomie Verte, et les initiatives sectorielles comme la NZBA et la SBTi constituent un écosystème de plus en plus complet pour guider la transformation des portefeuilles bancaires.

La question n’est plus de savoir si les banques ont un impact sur le climat. C’est établi. La question est de savoir si cet impact sera géré de manière proactive, avec des données précises et des objectifs vérifiables, ou seulement déclaré, avec des engagements difficiles à mesurer et à tenir.

Les banques qui investissent aujourd’hui dans la qualité de leurs données climatiques, dans la formation de leurs équipes et dans des offres réellement adaptées aux besoins de leurs clients en matière de transition énergétique seront celles qui seront les mieux positionnées pour naviguer dans un monde financier où l’alignement climatique devient progressivement une condition d’accès au capital.

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