Les régions françaises face à l’enjeux de la gestion des déchets – les apports du big data

Le marché du traitement des déchets est en pleine évolution. En France, un nouveau contexte légal s’ajoute à l’apparition des outils de traitement de la donnée ainsi qu’à l’effort de l’ADEME en matière de publication en open data de ses indicateurs.

Un marché français de la collecte des déchets en expansion

Les Plans régionaux de prévention et de gestion des déchets modernise la gestion des déchets, en plaçant la région et la commune, au centre de celle-ci. Au travers d’un décret d’application paru en juin 2016, la loi NOTRe leur impose de construire un plan unifié de prévention et gestion des déchets non dangereux, des déchets issus du BTP et des déchets dangereux. On peut donc s’attendre à des mouvements dans le secteur et à une optimisation de son fonctionnement au niveau régional.

Le site Environnement Magazine précise que les plans doivent contenir un inventaire complet des flux de déchets, des projection à 6 et 12 ans sur les évolutions tendancielles de la quantité de déchets produites sur le territoire ainsi que les évolutions démographiques et économiques.

Que peuvent apporter les big datas dans l’élaboration de ces plans ?

La complexité inhérente à la gestion et au traitement des déchets fait de la data science un outil de choix. Le volume considérable d’informations et de données ainsi que les besoins en projection et en analyse prédictive font du traitement de donnée un outil parfaitement désigné.

De plus en plus, de nouvelles technologies intégrant la data science voient le jour dans le cadre d’expérimentation locales. La ville de Manchester a mis en place depuis 2014, dans le cadre d’un partenariat avec l’université de la ville, un nouveau modèle de management des déchets, centré sur le recueil (installation de capteurs) et l’optimisation de la gestion des déchets à partir des données récoltées. En France, des innovations optimisant la collecte sont déjà expérimentées par certaines communes. Il s’agit principalement d’équiper les bennes de capteurs connectés qui contrôlent leur niveau de remplissage afin de déclencher les ramassages au bon moment. Les algorithmes prennent ensuite le relai pour calculer les tournées optimales, limitant ainsi la consommation de carburant et l’usure des camions.

Certaines communes sont également capables de prendre en compte des données environnementales au sens large du terme permettant d’anticiper et d’ajuster les collectes selon les variations de la population présente : les saisons, la fréquentation touristique, la construction de nouveaux logements, etc.

Open data et nouveaux modèles économiques

C’est à l’étape de la revalorisation que s’opèrent les changements à l’échelle du secteur. De nouveaux acteurs intermédiaires spécialisées dans le traitement de la donnée apparaissent, comme Rubicon Global aux Etats-Unis et Hesus en France. Ces acteurs de la donnée ont développé des plateformes d’enchères où les entreprises de valorisation des déchets se positionnent pour remporter les marchés proposés par les entreprises environnantes. A la clé, une baisse de 20% à 30% des factures. Au Brésil, New Hope Ecotech met en relation les producteurs et les collecteurs de déchets pour optimiser les taux de traitement.
En France, la donnée commence à être produite et mise à disposition par l’Ademe et les organismes impliqués dans le traitement des déchets. Le site Sinoe® donne accès entre autres à tous les indicateurs départementaux, régionaux et nationaux relatifs aux flux de déchets collectés et/ou éliminés. L’Office Régional des Déchets d’Ile-de-France (Ordif) a également produit une carte interactive des déchèteries publiques de la région.
Pour les acteurs privés de la donnée toutes ces informations sont essentielles au développement de services innovants autour du la réduction du coût de traitement, du tri et de l’optimisation de la gestion locale des déchets ainsi que l’identification des chantiers futurs ou illégaux.

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